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Comité d’ASF

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Séminaire avec le Landesinstitut für Pädagogik und Medien


« Après ma libération de Rivesaltes – je mesurais 1m60 et pesais 32 kg – caché à Palavas-les-Flots, je notais pendant plusieurs semaines exclusivement ce qu’il y avait chaque jour à manger. J’étais tellement affamé. »

 

 

Formation de 10 jours pour les professeurs de Sarre et Bade-Wurtemberg : « Sur les traces des crimes nazis en France » (mars 2010)

 

 

Paul Niedermann est natif de Karlsruhe. Parce qu’il est né juif en 1927, lui et sa famille seront déportés en octobre 1940 avec plus de 6500 autres enfants, femmes, hommes et personnes âgées de Bade, Sarre et de Palatinat vers Gurs. La plupart d’entre eux ne reviendront jamais,  meurent d’épidémie ou de faim dans les camps d’internement français, périssent pendant la déportation ou seront assassinés dans les camps d’extermination.

 

Paul Niedermann a survécu. L’organisation clandestine juive Œuvre de secours aux enfants (OSE) l’a sorti, ainsi que son frère Arnold, en 1942 du camp de Rivesaltes. Pour l’adolescent suivit une odyssée par plusieurs planques dans la zone occupée du sud de la France régit par le Maréchal Pétain puis occupée par l’Allemagne à partir de novembre 1943. Une de ses stations fut aussi la Maison d’Izieu. Paul Niedermann être emmené en 1944 en sécurité en Suisse. Livré à lui-même, sans famille ni diplôme scolaire, il se construit après la fin de la guerre une nouvelle vie en France. L’année 1987 marque un tournant dans la relation de Paul Niedermann à son passé douloureux. Il témoigne lors du procès contre Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, et raconte son histoire après plusieurs années de silence.

 

 

Les professeurs de Sarre et Bade-Wurtemberg ont rencontré Paul Niedermann à Paris dans le cadre d’une formation pour multiplicateurs sur les années de l’occupation allemande en France organisée par le Comité d’ASF en coopération avec le Landesinstitut Pädagogik und Medien de Sarrebrück.

 

Comment se comporta l’Eglise catholique de France en regard aux déportations de juifs ?

 

Pourquoi les camps d’internement administrés par la France, qui se trouvait à proximité directe de la population civile, sont encore jusqu’à aujourd’hui inconnus de la société française ?

 

Comment se fait-il qu’en France beaucoup de juives et juifs furent sauvés comparativement aux Pays-Bas ?

 

Quelles phases marquent la culture et la politique de la mémoire officielle en France suite à la libération de 1944 ? Quels processus sociaux menèrent à la reconnaissance de la coresponsabilité de l’état français dans la déportation de plus de 76000 juifs de France ?

 

 

Ce sont sur ces questions et d’autres que se sont penchés les participants au séminaire de plusieurs jours au Foyer le Pont de Paris.

 

Au programme : une visite avec débat au Mémorial de la Shoah et dans l’ancien camps de transit de Drancy, une rencontre très émouvante avec Paul Niedermann et une discussion avec la militante de la mémoire Beate Klarsfeld ainsi qu’un aperçu sur les traditions culinaires ashkénazes pour la fête de Pessah au Marais.

 

Après le séjour à Paris, le groupe continua son voyage et visita Maillé, Oradour-sur-Glane, Gurs, Lyon et enfin Izieu le 6 avril 2010. Chaque année a lieu à Izieu la commémoration de la rafle des 44 enfants et de leurs sept accompagnateurs le 6 avril 1944 par la personnel de la Gestapo et de la Wehrmacht. Simone Veil a accepté cette année l’invitation d’Izieu. De nombreux enfants survivants d’Izieu viennent chaque année. Paul Niedermann était lui aussi de nouveau présent cette fois.

 


"Je me suis particulièrement bien retrouvée dans la démarche d'ASF en raison de sa volonté de réparer les horreurs liées à la domination nazie et de mes propres intérêts politiques et historiques."


Angelika Schenk, Volontaire d'ASF au Centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane